Archive de la catégorie «Amerique du Sud en general»

Quand l’Histoire d’un pays se résume dans celle d’une femme.

16 mai 2008

Pour comprendre d’une autre façon l’Histoire de l’Argentine et même de la plupart des pays sud américains, surtout la période des dictatures, je vous conseille vivement de lire en entier cet article du “Monde”:

Macarena est la fille d’Argentins disparus durant les années de plomb des dictatures militaires sud-américaines. Née en captivité en Uruguay, elle ignorait tout de son origine jusqu’à l’âge de 23 ans.“Je suis passée par une phase de recueillement personnel, il m’a fallu du temps pour comprendre ce qui m’est arrivé”, confie-t-elle, de passage à Paris.

Bouleversant et très émouvant!

Une guerre froide sud-américaine?

6 mars 2008

Vous êtes sûrement au courant qu’il y a des tensions dans le nord de l’Amérique du Sud, entre la Colombie, l’Equateur et le Venezuela.

Par contre, vous ne savez peut-être pas vraiment de quoi il s’agit!

Ici, j’ai la chance de suivre de près plusieurs blogueurs qui suivent attentivement ce qui se passe là-bas et qui en général connaissent plutôt bien la situation politique et stratégique de ces 3 pays. Je vous invite donc à jeter un oeil chez ToñoPatxi et Patrick. Vous y apprendrez plein de choses et verrez différents points de vue et même des débats sur le fond du problème.

Sinon pour avoir un bon (enfin, je crois!) résumé je vous conseille vivement cet entretien d’Olivier Dabène (prof. à ScPo et spécialiste de l’Amérique du Sud) sur le Monde.fr 

En espérant que tout se termine au plus vite pour le bien des 3 nations et des otages des FARCs. 

Les TIC’s en Argentine

13 novembre 2007

Je ne veux pas empiéter sur les plates-bandes de Scavenger mais j’ai eu l’occasion de lire un article intéressant sur l’analyse des sites internet gouvernementaux, consacrés au tourisme en Argentine.
L’article est super long et traite de plein de trucs donc j’irai directement aux points qui me semblent intéressants et qui m’incitent à écrire ce post.

— Plus de la moitié des gens qui voyagent dans le monde utilisent internet pour trouver des infos sur le pays qu’ils vont visiter et acheter leur billet d’avion.

— Ici en Amérique du Sud, c’est différent et les pays qui la composent ont un certain retard avec les Technologies d’Information et de Communication (TIC). Cela est essentiellement dû au fait que les gens n’achètent pas sur Internet, ou très peu ! La raison est assez simple. N’ayant pas confiance au système bancaire de leur pays, donc à la carte de crédit, ils effectuent leurs achats seulement « cash ». Et pour le moment on ne sait toujours pas payer en « cash » sur internet ;-) Il y a beaucoup de gens par ici qui achètent leur billet sur internet, mais qui doivent passer à l’agence de la compagnie aérienne pour payer ! Et bien sûr le prix est différent. Dans les pays sud-américains, on utilise beaucoup moins sa carte de crédit pour faire ses achats qu’en France. En plus, on peut avoir des rabais en payant en espèce pour que le commerçant ne paye pas le pourcentage supplémentaire pour tout paiement en carte ou tout simplement pour encaisser au « black » !

— Les produits touristiques les plus promus sur les sites internet des provinces argentines sont :

  • la pêche sportive, tourisme rural et tourisme d’aventure (87,5 % des sites provinciaux)
  • site du patrimoine naturel (83 %)
  • l’écotourisme (79 %)

    Je dois dire que l’histoire de la pêche m’a vraiment surpris ! il faut dire qu’en Patagonie ils ont des truites aussi grosses que des Barracudas ;-)

  • Souvenirs:Racket à la Colombienne

    31 octobre 2007

    Je vous avez dit que j’avais une autre histoire sur la Colombie. Après la prison de Cali, voici le racket à Cartagène !

    Cela faisait maintenant plus de 6 mois que j’étais en Amérique du Sud et je n’avais eu aucun problème de vol, racket, violence, etc. donc vous pensez bien que quand le proprio du petit boui-boui dans le quartier chaud de Cartagène me disait « Guillaume, quand tu rentres le soir, prends un taxi ! ici t’es pas en France ! », je lui répondais avec un air d’aventurier aguerrit et suffisant « Oui, oui Carlos, j’y penserai » (en fait, il devait comprendre : « fais pas chier, je n’ai peur de rien et je ne suis pas un touriste, mais un routard, carajo! »).

    En plus après ce qui m’était arrivé à Cali, je pensais que j’avais grillé tous mes jokers « mauvaise pioche ».

    Enfin, bref, j’étais jeune et con.

    Donc, un soir, accompagné d’un pote argentin, nous revenions comme tous les soirs à pied du centre de la ville à l’hôtel. Je venais de m’acheter un quart de poulet avec des frites que je me réservais pour l’hôtel. Il était déjà assez tard… ben oui en Colombie on ne se couche pas à l’heure des poules (n’est-ce pas Toño ?).

    Tout d’un coup surgirent 3 gars sur une moto ! l’un d’eux me plaqua contre le mur, me mit un couteau de boucher sur la gorge et me cria en anglais « money, money »… j’ai failli lui faire la blague que je ne parlais pas anglais, mais vu les yeux de défoncé qu’il avait, j’ai pas osé :-)

    Putain, j’avais us$5 sur moi rien de plus ! en général il vaut mieux en avoir plus pour pas frustrer le gars et qu’il décide de te planter pour la vexation ! Il commença à repérer ma montre, merde, c’est la montre de Mike Horn, fais flic… entre nous je n’ai pas hésité bien longtemps avant de lui donner. Et puis il s’en prit à mon sac de plastique… oui, oui, celui où il y avait mon poulet et mes frites !

    Bon, là maintenant je le raconte en déconnant, mais je flippais bien ma race ! mais en même temps j’avais la haine. Donc quand ils ont compris qu’ils n’auraient pas grand-chose de nous ils s’en allèrent.

    Mais, voilà, l’histoire ne se termine pas là ! cela ne serait pas marrant ! Vexé comme un pou de m’être fait avoir comme un bleu je me mis à leur courir après en les insultant. Bien sûr, après 100m, eux et leur bécane étaient loin.
    Non, cela ne se termine pas encore là ! Étant à une centaine de mètres de l’hôtel, j’y couru pour y récupérer…. un couteau !

    Alors, oui, j’avais un couteau de Rambo dans mon sac que je n’avais pas sorti de tout mon voyage par honte ! C’est le style de couteau que tu achètes avant de partir en voyage en pensant que tu risques de te perdre au fin fond de l’Amazonie en autonomie complète. Je le dis et je le répète, j’étais jeune et con !

    Après avoir passé le barrage de mon pote argentin et du gardien de nuit de l’hotel,qui voulaient m’empêcher de sortir dans la rue avec le couteau, je me retrouvai seul dans la rue entrain de gueuler des insultes en espagnol, réclamant aux voleurs d’avoir les c… de revenir s’expliquer avec moi!! On appelle cela un pétage de plomb total ou irresponsabilité totale, ou encore pure connerie.

    Les seules personnes présentes dans ce quartier à cette heure ci étaient des prostitués, des macs et des petits dealers…. ils étaient tous morts de rire !

    “mira el franchute, se puso loco! hahaha”
    “que loco, que huevon”
    “Franchute! no seas marica y quedate en el hotel”

    Après un moment j’ai tout de même repris mes esprits et me suis rendu compte que si les 3 types revenaient j’étais fait comme un rat ! Vous imaginez l’embarras de l’ambassade de France appelant mes parents pour leur expliquer comment tout cela c’était passé… la honte !

    La honte justement m’a fait quitter l’hôtel et le quartier dès le lendemain… à moins que cela soit la peur, je ne me rappelle plus ;-)

    Pour cette histoire j’accepte volontier le foutage de gueule dans les commentaires…

    La “ley seca”

    29 octobre 2007

    J’imagine que beaucoup d’entre vous se retrouvent sur le blog aujourd’hui pour y trouver un billet sur les élections présidentielles en Argentine ? Et bien, vous allez être déçu car, que nenni, je n’en parlerai pas…. d’autres blogueurs le font bien mieux que moi et s’y connaissent plus que moi !
    Et puis comme la plupart des Argentins, je m’en tape un peu… sauf que si moi je m’en tape ce n’est pas grave, car je ne peux rien faire alors que les Argentins pourraient, eux, changer les choses… c’est un autre débat !

    Enfin, hier soir, Ségolène Royal était présente auprès de Cristina…elle ne comprend vraiment rien la pauvre!

    Je voulais juste partager une coutume, une loi bien particulière que nous français ne connaissons pas. La « ley seca » ou la « loi sèche » !

    Elle s’applique beaucoup dans les pays d’Amérique du Sud et les jours de vote !

    Mais qu’en est-il ?

    Cette loi interdit toute vente d’alcool un jour avant l’élection et pendant le jour de vote (même les cinémas, théatres, stade de foot, etc. sont fermés) ! Je n’ai pas vraiment eu d’explication à cette loi, mais je la trouve marrante et en dit long sur ces pays.
    Ce que je ne comprends pas, est que dans beaucoup de pays où la loi est pratiquée, le vote est une obligation, sinon il y a une amende (c’est aussi le cas en Europe et autres pays occidentaux), donc en théorie le gars qui se prend une cuite la veille et ne peut pas se réveiller et faire le déplacement jusqu’au bureau de vote est obligé de le faire sinon la soirée de la veille risque de lui coûter plus cher que prévu ;-)

    Alors, les autres raisons pourraient être les suivantes :

    — Éviter que l’alcool favorise que les esprits se chauffent entre adversaires politiques ? Le « sang latin » n’est pas forcément un mythe !
    — Éviter de se tromper de bulletin et voter pour quelqu’un que l’on ne souhaite pas ? Vu que de toute façon la plupart n’en ont rien à foutre, cela ne changerait pas grand-chose !

    Moi je pense que l’alcool pourrait être une bonne solution :

    — Oublier que l’on vient de faire une connerie en votant pour « untel »
    — Oublier que de toute façon, mon vote, ne changera rien !
    — Peut être que la « resaca » (gueule de bois) permettrait un choix plus intelligent sur les personnes qui devraient gouverner ?

    Par contre, j’imagine que le gagnant d’hier a bien dû ouvrir une bouteille de champagne pour fêter sa victoire, ce qui ne fait que conforter l’idée qu’une fois au pouvoir on adapte les lois en fonction de ses souhaits ;-)

    Le vrai avantage de cette loi est que cela permet aux gens de se réunir à la maison et de faire la fête entre amis, ce que j’ai fait samedi dernier !

    À vrai dire, je ne sais pas s’il existe une sanction si un flic te retrouve ivre dans la rue. promis la prochaine fois je le tente ;-)

    Par contre les débits de boisson gueulent à fond contre cette loi, disons-le, ridicule ! eh oui le WE est le moment où les bars, restaurants, etc. font leur chiffre d’affaires !

    Ce n’est pas tout, mais maintenant il va falloir rattraper le temps perdu du WE dernier ;-)

    Une leçon de ridicule!

    21 août 2007

    Voici les ingrédients pour avoir l’air ridicule dans un endroit où il est mieux d’éviter de l’être.

  • Soirée cubaine à BsAs
  • 300 personnes, tous danseurs de salsa
  • 80 % de jolies, voire très jolies filles
  • votre meilleur pote, Cubain, mannequin et très bon danseur de salsa
  • …..Et un « franchute » qui malgré une semaine de cours de salsa à Cali, Colombie, il y a 4 ans, est resté la grande partie de la soirée à profiter du spectacle… sur sa chaise !

    Simple, non ? Mais un peu trop fréquent cette situation dans cette partie du monde, où tous les « latinos » qui se respectent savent danser la salsa avant de savoir marcher.

    Bon, j’ai tout de même mis les pieds sur le « dancefloor », car plus le choix ! En effet après de nombreuses invitations, j’étais apparemment le seul non sud américain et cela attire forcement l’attention, et l’insistance de mon compère, las de me présenter toutes les jolies filles du coin, j’ai décidé de me jeter sur la piste et de prendre quelques leçons expresses pour sauver le peu de face qu’il me restait. Je dois bien avouer que les quelques mojitos (avec de la yerba buena et non de la menthe… et dire qu’en Europe on ne sait même pas faire un vrai mojito!) mon bien aidés ;-)

    Alors par pure gentillesse et pitié (je ne suis pas dupe !) j’ai eu le droit à des félicitations, au traditionnel « mais tu n’es pas si mauvais que cela..blablablabla »… bon, je n’ai pas été non plus le « king » de la soirée, mais même si ce n’était pas un 31 décembre j’ai tout de même pris une bonne résolution : Je vais prendre des cours de salsa sans vraiment tarder… un passage obligé si l’on ne veut pas passer sa vie en Amérique du Sud à refuser les invitations à danser des « belles créatures » présentes sur ce continent ;-)

    Et je vous entends déjà me dire : « après 8 mois de voyage sur ce continent et 1 an à y vivre, tu t’en rends compte que maintenant que c’est une arme obligatoire pour faire des rencontres ??? T’es vraiment un naze Guillaume ! » Et bien pour ceux qui pensent cela je n’ai qu’une chose à leur dire…..VOUS AVEZ RAISON JE SUIS UN NAZE ;-)

    Et quand je serai de retour en France, pour les vacances, je serai la star des dancefloors au moins pendant 15 min, on m’appellera « El Latino Franchute »…. enfin si j’arrive à trouver une partenaire qui arrive à suivre mes déhanchements ;-)

  • Souvenirs:La prison à Cali - Part III

    9 août 2007

    Suite de ” Souvenirs: La prison à Cali - Part I et Part II

    La surprise fut grande quand nous nous sommes aperçus qu’ils nous amenaient au « poste ». Merde, cela commence à sentir mauvais cette histoire ! Restons zen et attendons de voir ce qu’ils nous veulent.

    Alors que je croyais qu’ils allaient nous faire la morale et nous faire peur en nous présentant à leur chef ou en nous rédigeant un procès verbal (j’étais tout de même super naïf à cette époque ;-) ) et qu’ils nous laisseraient rentrer chez nous tranquillement (je rappelle que l’on s’était tapé plus de 3h de « panier à salade »), ils nous amenèrent vers les deux cellules qui se trouvaient à l’arrière du commissariat.

    En face de nous deux cellules : cellule « damas » et cellule « caballeros », comme pour les chiottes !
    La tactique était de nous séparer. Moi, ils ont décidé de me mettre avec les filles et pour mon « gringo » c’était les mecs, mais l’une des filles eut le réflexe d’attraper mon pote par la manche et de le tirer dans la « zone rouge ». La « zone rouge », car vous imaginez bien que dans la nuit les filles que l’on peut trouver dans une cellule de commissariat colombien sont des courtisanes.
    Entre nous, nous étions bien contents de ne pas nous retrouver du côté mec : petits malfrats, pickpockets et dealers & Co.

    Nous sommes devenus bien malgré nous l’attraction de ces demoiselles et même de nos voisins masculins. Les filles nous proposaient leur service gratuitement, nous avons eu droit à des stripteases gratos… c’était tout de même irréel ! Nous avions beau leur dire que l’endroit était peu romantique, la cellule se transformait de plus en plus en backstage de club libertin !
    De toute façon, même si j’avais voulu je crois que je n’aurais pas pu ;-)
    Nous nous sommes tout de suite attiré la sympathie des mecs (en parlant foot, comme quoi cela peut servir !) et des filles qui ne tardèrent pas à réclamer aux condés de nous laisser partir ! Criant au scandale, qu’ils faisaient honte à leur pays (alors que je suis sûr que les personnes présentes à nos côtés n’auraient pas hésité une seconde de nous racketter ou voler si nous nous étions croisés en d’autres circonstances !)

    L’ambiance était plutôt bonne enfant parmi les « détenus », il y avait même des joints et de la poudre qui circulaient de « cage » en « cage »… de la folie, je vous dis ! pire que dans un mauvais film de série B.

    À un moment, je vis un des keufs me faire signe d’approcher des barreaux tout en sortant quelque chose de sa poche. Il ouvrit devant moi un petit sac contenant de l’herbe (pas du thym ou du romarin, couillon !) sans dire un mot. Je lui expliquais alors que cela ne m’appartenait pas et que je ne savais pas ce que c’était. Aucune réponse de sa part et il s’en alla.
    Ça put de plus en plus cette affaire… jusqu’où vont-ils nous harceler ? À ce moment-là, j’ai commencé à flipper ! Vous connaissez l’histoire de ces étrangers qui sont en taule un peu partout dans le monde parce que quelqu’un a caché de la drogue dans leur valise ? Et bien moi tout cela je connaissais et je commençais à me dire que mon nom deviendrait peut-être aussi célèbre que celui de Mickael blanc !!!

    30 minutes après, le même ripou revint à la charge et cette fois avec de la cocaïne… je me rappelle lui avoir demandé si c’était de la farine ;-) toujours aucune réaction de sa part !

    Nous commencions à nous demander ce que foutaient nos « compagnons » backpackers ! Ce n’est pas vrai, ils ne nous ont tout de même pas lâchés !?

    Et puis vers les 7heures du mat’ nous vîmes arriver nos acolytes accompagnés de la proprio de l’hôtel….. ouuuuuuffffff ! cela signifiait la fin de notre cauchemar ! Ils nous apprirent qu’ils nous avaient localisés depuis longtemps, mais que la police leur avait dit que nous ne pourrions pas sortir avant la 7h du matin…. quelle bande d’enc…!!!

    Pour la petite histoire, nous sommes restés plus longtemps de prévu dans le commissariat, car parmi compagnons se trouvait un couple d’Israëliens qui avait commencé à tailler une bavette avec deux policiers à propos de leur fusil d’assaut !! de l’hallu’ jusqu’au bout cette aventure….
    Pour récupérer nos passeports la propriétaire avait dû entrer dans nos chambres par la fenêtre et retourner tous nos sacs pour trouver nos passeports.

    Au fait, à notre retour à l’hôtel nous avons fait envoyer 2 pizzas aux commissariats pour nos amis et amies d’un soir… nous ne saurons jamais si elles leur sont arrivées… j’en doute… mais nous leur avions promis.

    Malgré cette aventure (il faudra que je vous en raconte une autre qui vaut aussi son pesant de cacahuètes… qui cette fois aurait pu me coûter plus que quelques heures au poste… j’adore le teasing hehehe) je suis amoureux de la Colombie et des Colombiens (et Colombiennes ;-) )

    VIVA COLOMBIA!

    Souvenirs:La prison à Cali - Part II

    2 août 2007

    Suite de ” Souvenirs: La prison à Cali - Part I

    Bien que dans le fourgon la communication entre les flics et nous (enfin moi puisque mon pote américain ne parlait pas l’espagnol !) était plus que limitée, je tentais de leur faire comprendre que l’hôtel où nous devions récupérer les passeports, était dans le sens opposé au sens où nous nous dirigions ! On a vite pigé que nous n’irions pas à l’hôtel…

    Petit « sommet » entre mon pote et moi pour faire un point sur la situation :

    « ils veulent nous faire peur pour que nous crachions de la thune et nous n’avons rien (plus rien ;-) ) à nous reprocher, nous sommes en règle point de vu visa et pas d’antécédents dans ce pays »

    Le point fait nous voila, à moitié rassuré et nous décidons de ne pas jouer le jeu des flics, nous ne paierons rien… de toute façon, nous n’avions que quelques dollars sur nous, pas assez pour satisfaire ces corrompus.

    Et surtout, nous comptions sur nos collègues « backpackers » et surtout la propriétaire de l’« hostal » où nous étions hébergés pour nous sortir de là, au cas où cela devrait durer et mal tourner. Cette Colombienne était une vraie « maman » pour ses hôtes. Une gentillesse incroyable, elle et son mari partageaient le repas du soir avec nous, elle nous faisait des petits plats gratos, participait avec nous aux soirées, nous faisait rencontrer sa famille et surtout nous permettait à peu près tout dans son hôtel (petites amies, filles, drogues (même si elle n’aimait pas du tout cela et que cela ne concerné que quelques rares personne), rentrée très tardive, tarifs avantageux (si elle nous aimait bien et que l’on restait un certain moment dans sa maison), etc.). Du coup, la plupart des voyageurs de passage par son hôtel y restaient un certain temps, moi j’y suis resté une dizaine de jours. Je me rappelle qu’une Equatorienne que j’avais rencontré quelques semaines auparavant à Quito m’y avait retrouvé. Enfin, cela est une autre histoire et ne vous regarde pas ;-)

    Revenons à nos « poulets »… Cela fait maintenant plusieurs heures que nous sommes à l’arrière de ce fourgon et que les deux lascars ne nous ont pas sorti un seul mot ! Ils attendent que nous proposons notre « prix » pour recouvrer notre liberté… ils peuvent toujours courir ces cons, on ne crachera rien, pas un « cent »… je vous rappelle que je suis Auvergnat et pour moi « un sou est un sou » ;-)
    Ils s’arrêtent pour bouffer, boire un coup, fumer une clope, discuter avec des collègues, draguer des vénus de carrefour, mais nous rien ! on dirait qu’ils nous ont carrément oubliés !!!

    Nous, derrière, commençons à prendre nos aises. Cigarette allumée, nous parlons de nos souvenirs incongrus de voyage. Le Ricain se permet même de sortir sa coke de sa cachette pour s’en mettre un peu dans le nez… il abuse grave le type ! J’arrive tout de même à le convaincre de jeter ce qui lui reste par l’une des fenêtres lors d’un de nos nombreux arrêts. Je suis plus zen !

    Sûrement impatient et surpris de tomber sur deux têtes de mule, les deux flics décident de changer de stratégie… après un parcours de plus de 3heures dans les rues de Cali à l’arrière de notre « berline », voila qu’ils nous ouvrent enfin les portes et nous font sortir… nous levons les yeux et alors que nous pensions qu’ils nous laissaient sortir, nous devinons que nous ne sommes pas sortis d’affaires et que le pire reste à faire…

    À suivre…