Souvenirs:La prison à Cali – Part III

Suite de  » Souvenirs: La prison à Cali – Part I et Part II  »

La surprise fut grande quand nous nous sommes aperçus qu’ils nous amenaient au « poste ». Merde, cela commence à sentir mauvais cette histoire ! Restons zen et attendons de voir ce qu’ils nous veulent.

Alors que je croyais qu’ils allaient nous faire la morale et nous faire peur en nous présentant à leur chef ou en nous rédigeant un procès verbal (j’étais tout de même super naïf à cette époque 😉 ) et qu’ils nous laisseraient rentrer chez nous tranquillement (je rappelle que l’on s’était tapé plus de 3h de « panier à salade »), ils nous amenèrent vers les deux cellules qui se trouvaient à l’arrière du commissariat.

En face de nous deux cellules : cellule « damas » et cellule « caballeros », comme pour les chiottes !
La tactique était de nous séparer. Moi, ils ont décidé de me mettre avec les filles et pour mon « gringo » c’était les mecs, mais l’une des filles eut le réflexe d’attraper mon pote par la manche et de le tirer dans la « zone rouge ». La « zone rouge », car vous imaginez bien que dans la nuit les filles que l’on peut trouver dans une cellule de commissariat colombien sont des courtisanes.
Entre nous, nous étions bien contents de ne pas nous retrouver du côté mec : petits malfrats, pickpockets et dealers & Co.

Nous sommes devenus bien malgré nous l’attraction de ces demoiselles et même de nos voisins masculins. Les filles nous proposaient leur service gratuitement, nous avons eu droit à des stripteases gratos… c’était tout de même irréel ! Nous avions beau leur dire que l’endroit était peu romantique, la cellule se transformait de plus en plus en backstage de club libertin !
De toute façon, même si j’avais voulu je crois que je n’aurais pas pu 😉
Nous nous sommes tout de suite attiré la sympathie des mecs (en parlant foot, comme quoi cela peut servir !) et des filles qui ne tardèrent pas à réclamer aux condés de nous laisser partir ! Criant au scandale, qu’ils faisaient honte à leur pays (alors que je suis sûr que les personnes présentes à nos côtés n’auraient pas hésité une seconde de nous racketter ou voler si nous nous étions croisés en d’autres circonstances !)

L’ambiance était plutôt bonne enfant parmi les « détenus », il y avait même des joints et de la poudre qui circulaient de « cage » en « cage »… de la folie, je vous dis ! pire que dans un mauvais film de série B.

À un moment, je vis un des keufs me faire signe d’approcher des barreaux tout en sortant quelque chose de sa poche. Il ouvrit devant moi un petit sac contenant de l’herbe (pas du thym ou du romarin, couillon !) sans dire un mot. Je lui expliquais alors que cela ne m’appartenait pas et que je ne savais pas ce que c’était. Aucune réponse de sa part et il s’en alla.
Ça put de plus en plus cette affaire… jusqu’où vont-ils nous harceler ? À ce moment-là, j’ai commencé à flipper ! Vous connaissez l’histoire de ces étrangers qui sont en taule un peu partout dans le monde parce que quelqu’un a caché de la drogue dans leur valise ? Et bien moi tout cela je connaissais et je commençais à me dire que mon nom deviendrait peut-être aussi célèbre que celui de Mickael blanc !!!

30 minutes après, le même ripou revint à la charge et cette fois avec de la cocaïne… je me rappelle lui avoir demandé si c’était de la farine 😉 toujours aucune réaction de sa part !

Nous commencions à nous demander ce que foutaient nos « compagnons » backpackers ! Ce n’est pas vrai, ils ne nous ont tout de même pas lâchés !?

Et puis vers les 7heures du mat’ nous vîmes arriver nos acolytes accompagnés de la proprio de l’hôtel….. ouuuuuuffffff ! cela signifiait la fin de notre cauchemar ! Ils nous apprirent qu’ils nous avaient localisés depuis longtemps, mais que la police leur avait dit que nous ne pourrions pas sortir avant la 7h du matin…. quelle bande d’enc…!!!

Pour la petite histoire, nous sommes restés plus longtemps de prévu dans le commissariat, car parmi compagnons se trouvait un couple d’Israëliens qui avait commencé à tailler une bavette avec deux policiers à propos de leur fusil d’assaut !! de l’hallu’ jusqu’au bout cette aventure….
Pour récupérer nos passeports la propriétaire avait dû entrer dans nos chambres par la fenêtre et retourner tous nos sacs pour trouver nos passeports.

Au fait, à notre retour à l’hôtel nous avons fait envoyer 2 pizzas aux commissariats pour nos amis et amies d’un soir… nous ne saurons jamais si elles leur sont arrivées… j’en doute… mais nous leur avions promis.

Malgré cette aventure (il faudra que je vous en raconte une autre qui vaut aussi son pesant de cacahuètes… qui cette fois aurait pu me coûter plus que quelques heures au poste… j’adore le teasing hehehe) je suis amoureux de la Colombie et des Colombiens (et Colombiennes 😉 )

VIVA COLOMBIA!

6 commentaires pour Souvenirs:La prison à Cali – Part III

  1. tonio dit :

    ah là là … quelle belle histoire, il manquait juste que tu tombe amoureux d’une des prostituée et que tu la libère. Vous seriez ensuite parti en voyage les deux et on aurait surement tourné une télénovela…

    Pour le coup de israeliens qui parlent avec la police ou les militaires de leur fusil d’assaut , c’est un classique, ils le font à chaque fois, j’en ai même vu certains qui voulait montrer au péruviens comment ils fonctionnaient…

  2. Scavenger dit :

    Putain c’est de l’hallu ton histoire… Heureusement vous étiez bien entouré, mais je te jure j’en ai des frissons… Je serai ravi d’en reparler avec toi demain soir autour d’un bon camembert décongelé !

  3. argentin dit :

    Dealeur de crotin de chavignoles va.

  4. […] ça n’a pas trop de sens. Comme partout vous ne serez jamais à l’abri de quelques inconvénients, mais ce n’est pas du tout propre à la Colombie. Quant aux “touristes […]

  5. Patxi dit :

    Putain le coup des israeliens complètement lobotomisés par leu 3 ans de service à Tsahal, qui sont fascinés par les armes…Systématique…
    Je préfère parler foot avec les locaux en uniforme, moi aussi, ça détend l’ambiance.
    Belle histoire, on imagine bien la cour des miracles, cette taule e la zona roja, ja ja.
    Patxi

  6. […] la Colombienne Je vous avez dit que j’avais une autre histoire sur la Colombie. Après la prison de Cali, voici le racket à […]

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