Du rififi au Pérou

Les dernières nouvelles au Pérou ne sont pas terribles ! Entre retour des guérillas et corruption. Le Pérou, qui fait parti des pays sud-américains comptant une croissance économique record (9%) grâce notamment à ses ressources naturelles, mais aussi le 2° pays narco de l’Amérique du Sud, retrouve ses vieux démons.

La semaine dernière le « Sentier Lumineux« , quasi éradiqué depuis presque 10 ans, avec l’arrestation de son fondateur (Abimael Guzman) en 2000, a refait la « une » des journaux en organisant un attentat tuant plus de 16 personnes, essentiellement des militaires. Rappelons qu’en 20 ans d’existence le Sentier Lumineux a laissé pour mort plus de 70000 personnes et amassé une fortune de 16 milliards de dollars. Tout comme les FARCs, le Sentier Lumineux est né sur les bases d’une guérilla marxiste, mais c’est vite transformé en narcotrafiquant.

Le malaise social et l’importance croissante du Pérou dans le monde de la drogue font renaître ce groupe d’assassins dans les contrées reculées du Pérou. Et les discours nationalistes d’un dirigeant politique de plus en plus influent, Ollanta Humala, ne font qu’attiser cette renaissance.

Et puis la même semaine éclatait un scandale de corruption au sein du gouvernement actuel qui a vu la démission en masse du premier ministre et nombre de ses ministres. À l’origine du scandale, des pots-de-vin distribués à des représentants de l’Etat et une société de pétrole norvégienne (qui a dit que la Norvège était parmi les pays moins corrompus du monde??).

Comme mission imposée au nouveau premier ministre par le président de la République, la lutte contre la corruption!! Disons que le brave Alan Garcia ne peut pas faire autrement, son parti est au coeur du scandale et sa popularité est en berne (à peine 20%) à mi-mandat. Il est intéressant et assez effrayant de se rappeler le dernier mandat catastrophique de ce même président entre 1985 et 1990 qui avait vu le Sentier Lumineux se développer et la quasi-faillite de l’Etat!

Ne serait-on pas dans le même cas de figure?? La faillite peut-être pas, mais la renaissance de la guérilla sûrement! En plus de cela, le nouveau premier ministre, traîne une sacrée casserole, il avait été condamné dans les années 90 à 8 ans de prison pour avoir fait l’apologie des mouvements marxistes! Pour relativiser il faut préciser que Fujimori était alors président de la République.

Sans le vouloir, Alan Garcia est en train de préparer le terrain pour le nationaliste Ollanta Humala qui a le soutien de l’inévitable Chavez. On peut dire de lui que c’est un ersatz de Chavez et Evo Morales! Je ne suis pas sûr que le Pérou est besoin de ça…Je ne vois pas forcement un futur radieux au Pérou avec Humala comme président qui voudrait nationaliser les ressources naturelles du pays et prônerait un nationalisme exacerbé et le Sentier Lumineux redevenu dangereux pour le contrôle de la drogue! Un mélange explosif de Venezuela et de Colombie!

En espérant que je me trompe…

 

ps: pour en savoir plus, cet article du Point

4 commentaires pour Du rififi au Pérou

  1. Michèle dit :

    Excuses moi, mais il faut faire la part des choses… tu ne peux attribuer les 70 000 morts au Sentier lumineux.
    Si tu en as l’occasion, tu devrais visionner le documentaire « Le sentier de la terreur » diffusé l’année dernière à plusieurs reprises sur ARTE.

  2. 70 000 morts et disparus tout au long des affrontements. La commission Vérité et Réconciliation qui a siegé dès le milieu des années 1990 a relevé que 54 % des victimes étaient imputables au Sentier Lumineux et 46 % à l’armée péruvienne. Parmi eux, 80 % d’hommes ayant entre 20 et 49 ans pour 66 % d’entre eux. 56 % étaient paysans andins, analphabètes à 68 % et de langue Quechua pour les trois quart d’entre eux.

  3. Guillaume dit :

    Oui c’est la guerre CONTRE le sentier lumineux qui a engendré 70000 morts. Sans sentier lumineux il n’y aurait jamais eu 70000 morts! il y a surement eu des « crimes » du coté militaire je n’en doute point, mais il ne faudrait pas se tromper de victimes non plus…

  4. les victimes sont toujours les mêmes, qu’elles soient le fait du gouvernement de l’armée ou du sentier lumineux :
    les populations andines, considérées comme « indios » (indiens) ou « serranos » (montagnards)
    Ce qui permet, lorsque le Sentier Lunineux massacre un village d’Indiens soupçonné d’être en faveur du pouvoir, de crier victoire contre l’oligarchie et lorsque l’armée massacre un village voisin qui aurait caché quelques terroristes de se vanter d’une victoire contre le communisme.
    En fait, c’est une véritable guerre ethnique qui perdure.
    C’est la même que celle de Francisco Pizarro et ses suivants qui firent passer le nombre d’Incas de 12 millions à 1 million de personnes en l’espace de 45 ans. Chiffres donnés par le recensement de Quipucamayoc et celui du vice-roi Toledo.
    Tout comme l’Équateur, le Pérou aujourd’hui, que ses habitants l’acceptent ou non, est une société à 100% métissée. Les organismes internationaux donnent 99 % tout simplement vexer les 30 % de la population qui se croit de sang espagnol même s’ils ont bien du mal à se serrer dans ce petit 1 % qui reste en théorie.
    Moi, je ne me trompe pas de victimes. Elles ont existé avant le Sentier lumineux et continuera à exister après sa défaite.
    Quant aux bourreaux, non plus.

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